vendredi 9 novembre 2012

Et toi qu'est-ce que tu fais quand t'es blessé??

Moi quand je suis blessé?? Et bien je fais comme Monsieur tout le monde. Je reste calme sur mon fauteuil et j'attends que ça passe...

NONNNNNNnnnnnnnnnnnnnnnn!!! Surtout pas! Ce n'est pas dans mon tempérament. Et puis bien souvent c'est justement ce qu'il ne faut pas faire. Il ne faut bien sur pas tirer sur la douleur, mais il faut avoir une autre activité physique qui permette de maintenir notre corps et notre esprit en éveil!
Tous le monde le sait, le sport c'est une drogue. Mais pas que. Je suis drogué, certes, mais c'est aussi un mode de vie pour moi, mon sas de décompression.
Donc sans sport je déprime! Pas seulement à cause du manque d'endorphine, non... mais aussi parce que je suis un hyper-actif de nature. Il faut que je bouge!

Alors depuis mon arrêt sur blessure lors de la CCC (dernier article paru sur mon blog cher lecteurs qui n'auraient pas suivi!), j'ai pris le temps de me soigner. Enfin de soigner ce que certains docteurs ont cru diagnostiquer... parce qu'à vrai dire, on n'a pas vraiment déterminé mon problème de suite...

Digression sur ma blessure :
Aujourd'hui, deux mois après l'arrêt et j'ai toujours une douleur qui arrive après 20 à 30min de footing.
Donc je suis parti voir un spécialiste du sport et notamment du genou sur Pau (Dc BOUVARD).
Un gars qui a soigné Tony Estanguet, le Biarritz Olympique et autres basketteurs de l'Elan Béarnais..(donc un bon quoi.... mais un peu genre Dr House).
Il a écouté tout ce que j'ai eu et ce que j'ai fait à mon genou en terme de traitement... Il a ouvert de grands yeux en me disant... " mais à part votre arthroscanner (3 mois seulement aprés la chute) on ne vous a rien fait faire d'autre comme examens???"
Et bien non (ce n'est pas faute d'avoir supplié tous les praticiens que j'ai croisés!!... ).

Allez hop il me prescrit déjà une IRM, car il pense que j'ai une petite contusion à l'os, un choc à l'os quoi (ah oui, pas bête!!)....
Seulement voilà, si j'avais fait une IRM dès ma chute... on l'aurait su bien avant...
C'est bizarre, en sortant de chez lui j'ai comme eu envie de... de CRIERRRRRRRRRR. Il faut savoir qu'en cas de contusion osseuse, l'arrêt est de 4 à 5 mois.... Bref, je revenais à la case départ!!!!
Au mois de mai j'ai supplié tous les médecins que j'ai consultés de me faire TOUS les examens nécessaires au cas où!!!!!... Bref la loose quoi!

Revenons à nos moutons
Donc j'ai bien dû composer pour faire du sport, maintenir ma condition physique sans aggraver ou ralentir la guérison de ma blessure. Et là, écouter sa douleur est un bon moyen: je ne fais pas si j'ai mal!

Enumérons ensemble les différentes activités qu'un coureur à pied peut faire quand il ne peut pas courir :

1- du tricot...

mouais mais moi... c'est pas mon truc!

2- du vélo :
j'ai mal pour l'instant... donc je fais pas!
(et puis j'ai pas les produits qui camouflent la douleur!)

3- du bricolage :
... ok c'est bon j'ai fabriqué des meubles à la maison...mais pas dans cette tenue je vous rassure!

4- de la musculation :
... oui ben un ton en dessous quand même!

Muscu donc... mais sans solliciter le genou. Donc muscu statique avec un Compex (electrostimulation) pour se muscler en limitant la flexion du genou. Preuve en image avec quelques exercices intéressant :

Du gainage avec ballon de gym : comme la base est instable avec le ballon qui bouge, on peut se muscler en profondeur
 
 Travail des cuisses sans fléchir le genou. Je reste sans bouger. On se met en équilibre sur un ballon de proprioception et du coup avec une barre (15kg) on travaille les fibres quadriceps!

 Travail des mollets : en monte, on descend et cela durant plusieurs minutes... ça chauffe les mollets!!! Et en plus on muscle nos chevilles!

Et le fameux "Compex" (Electrostimulation). Je fais un programme "musculation" et "force". Du coup ce matériel permet de se muscler de manière statique.
 


5- de la natation :
Presque aussi vite que lui... presque!

oui ... excellent moyen de garder le souffle et de faire travailler la cardio. On travaille le haut du corps également et on se gaine. Bonne activité complémentaire. Seulement... je reste coureur, et nager ça me saoule vite!

6- de l'AQUAJOGGING : de l'Aqu... quoi, me direz-vous?? AQUA = eau et JOGGING = exercice... mais ici l'exercice c'est "courir"! donc "courir dans l'eau"!
Non c'est pas moi sur la photo!!

Pour ce faire, munissez vous :
- d'un bonnet de bain (ben oui on à l'air bête avec, je sais...)
- d'un maillot de bain (moi j'aime pas trop les "moules coucouilles" alors c'est un collant plus long)
- d'une ceinture d'aquajogging
ou une ceinture pour les gamins qui apprennent à nager (et oui retour en enfance!)

- d'une grande dose de motivation car vous allez "bouffer" des allez-retour dans un mini bassin!
- d'une énorme dose de confiance en soi : car les gens vont vous regarder de travers, comme si vous appreniez à nager à votre âge (et oui ça fait sourire beaucoup de monde) ou comme si vouz étiez handicapé (là je parle en connaissance de cause... je vis cette situation souvent!) car vous allez aller à "deux à l'heure" et il n'y aura que votre tête qui sortira de l'eau... bref une position pas très "cool".

Et vous allez vous sentir mal à l'aise au début en voulant vous justifier, voyant le regard des gens. Mais n'ayez crainte, à force les gens vous oublient et comprennent ce que vous faites dans l'eau (ou pas... mais en attendant, ça fait bien marrer les maîtres nageurs...)!!

Comment on fait, coach ??
Mettez votre ceinture autour de la taille et positionnez beaucoup de flotteurs (minimum 6) : il faut être droit. Vous pouvez mettre 4 flotteurs derrière et 2 devant.

Si la ceinture remonte, ce n'est pas grave. Tant que vous flottez et restez droit c'est l'essentiel. Il existe des ceintures d'aquagym sur le marché... c'est encore mieux pour rester droit dans l'eau.

Le but est de ne pas toucher le sol et de flotter en faisant l'exercice. Il faut simuler au maximum le geste de la course à pied. Pensez à rester droit (bon, ok, là je crois que je l'ai assez répété...). On a tendance à partir vers l'avant et à recroqueviller ses jambes en mode "cycliste". Et du coup l'exercice perd de son intérêt. Utilisez vos bras comme en course à pied!

Voilà là, c'est ce qu'il faut pas faire... ça c'est une photo quand j'ai débuté...
 
Lancez votre jambe vers l'avant (avec puissance) et ramenez-la, presque tendue vers l'arrière. Vous allez sentir un truc qui fait mal derrière la cuisse... et oui les ischio jambiers vont se muscler! Faites ça avec un bon rythme et voilà!

Alors ne vous découragez pas. Au début c'est dur. Pensez à bien gainer vos abdos car vos psoas et adducteurs vont beaucoup travailler. Pour éviter des problèmes de pubalgie par exemple, gainez-vous!

Insérez cette activité dans un entrainement d'1h à la piscine par exemple. Faites 10min d'aquajogging, 20min de natation, 10 min d'aquajogging.... etc

Perso, j'arrive à faire des séances d'1h voire 1h30 d'aquajogging maintenant. C'est comme le vélo... plus on en fait, plus on pourra en faire!! Mais je vous garantis un exercice complet qui fait travailler vos muscles des jambes, travailler le coeur (si vous le faites bien, vous allez souffler comme lors d'un vrai footing!) et surtout vous permet de garder le geste de la course à pied pendant votre période de convalescence.
 

Précaution d'usage :
Après chaque séance pensez à bien vous étirer les psoas pour pas avoir de pépins physique ensuite!!! (conseil d'ami!!!)

Cette activité doit être étudiée selon votre blessure! Le but est de ne pas vous faire encore plus mal!

Vous reviendrez sur les sentiers presque comme si vous ne les aviez jamais quittés!

Chers lecteurs, à vos piscine!!!

N/B : L'aquajogging peut être fait aussi en péiode d'activité, en complément d'entrainement!

vendredi 7 septembre 2012

CCC... c'est pas de bol... ! 2012


Il y a des courses comme ça où l'on passe un sale moment. Ce sale moment est pire quand il s'agit d'un des objectifs de sa saison. Evidemment le sportif est soumis constamment à ce genre de mésaventures... on a des hauts et des bas. Et on apprécie vraiment beaucoup plus les hauts... quand on a des bas. Je le sais.

Et là... je suis un peu dans le bas. Alors je sais, comme le dit ma Flopett, les choses n'arrivent pas par hasard, mais j'espère que mon "haut" sera magique! Je l'attends de pied ferme!

Pour stopper et cadrer tout ce qui peut se dire au sujet de mon abandon, je vais vous raconter la vérité. Comme ça nous aurons tous la même version...

Flask back :
Tout remonte à ma chute dans l'EUSKAL TRAIL au mois de mai. Vous vous rappelez??
Première étape de L'Euskal, en duo avec Bruno Bareille. Une grosse chute dans une descente et BAM! Notre première place et notre victoire assurée se transforme en calvaire et cauchemard... avec à la clef un abandon et la perte de notre première place.
Voilà, la source du mal...

A la suite de ça, j'ai soigné mon genou avec de la kiné, puisqu'il y avait un gros hématome. La rotule avait tapé le cartilage autour et créant une inflammation sur ce dernier.
Donc, cette douleur persistant, mon docteur du sport m'a préconisé de faire une petite infiltration (trés trés faiblement dosée.... je n'aime pas trop ces choses, mais là, j'étais désespéré...) pour enlever cette inflammation. Mon genou était sein, il n'y avait pas d'autres pépins que cette micro douleur. Et à la radio... RAS!

Quatre jours après, j'ai repris le cours de ma saison. J'ai pas mal couru au mois de juin, avec de beaux résultats :

2e au WET Pyrénées (et une victoire d'étape), à la bagarre avec Maxime Cazajous (Team Brooks)

9e au Maraton Alpino Madrileno en Espagne (avec un gros plateau au départ)

 et 1er ex aequo à l'Adorra Celestrail avec Sébastien Buffard (Team Brooks).

A la fin de celui-ci, dans les 15 derniers km, la douleur est revenue. Précisement sur l'endroit du choc.
Mais comme je n'étais pas loin de l'arrivée et premier qui plus est, j'ai continué ma course comme j'ai pu (Seb Buffard m'a un peu attendu d'ailleurs et je l'en remercie encore, pour que l'on finisse ensemble).

Donc de retour à Tarbes, mon docteur du sport m'a refait une infiltration sur le genou(j'avais droit à 3 injections ... pas plus).

Après une petite semaine de repos "post Andorre", j'ai repris le chemin des entrainements. L'objectif étant la CCC fin août.

Mais au bout de 2 semaines et demies, voilà que cette satanée douleur revient lors d'une sortie tranquille entre potes (avec Michel Arnaud, organisateur des Citadelles...)!
Bon ce n'était pas le plus beau jour dans les Pyrénées...

Ca tombait mal... c'était le premier jour des mes vacances!!
Donc j'avais un dilemne à régler: utiliser ma dernière infiltration maintenant et pouvoir m'entrainer correctement pour la CCC mais au risque que la douleur ne revienne juste avant le départ... Ou attendre quelques jours avant la CCC pour la faire (et être tranquille pour ma course) et m'entrainer comme je pouvais pendant ces trois semaines restantes... J'ai opté pour cette dernière solution.

J'ai quand même pu faire de belles sorties,
Ici avec Guillaume Beauxis (Team Salomon Espoir) au Mont Perdu (3355m)

...entrecoupées de 2 ou  3 jours de piscine et aquajogging pour laisser passer la douleur qui était revenue.

Bref tout ça pour dire que j'avais tout misé sur cette dernière infiltration. En pensant quelle allait m'accorder un temps de répis juste pour faire la course. Et après je comptais me soigner en profondeur.

Voilà pour le petit Flashback!

La CCC 2012 : Cham' Cham'... nous voilà!

Malgré une préparation non optimale, je suis dans une forme olympique (ça tombe bien, les JO m'ont accompagné tout le long de mes entrainements en écoutant la radio sur RMC...)
J'ai du jus, de la puissance, de la motivation... un bel équipement (oui la nouvelle collec' LAFUMA) et que des bons produits à déguster pendant la course (Merci Okidosport).

Voici la profil de la course qui 'attend :

Pour un fois, je souhaite préparer un peu "sérieusement" mes ravitallements. Floflo va me suivre sur la course. Je prépare donc des petits sacs avec les aliments que je veux pour les 4 checkpoints où l'on peut se faire assister.

Voici un petit détail de mon raisonnement. Les aliments mis dans chaques poches ne sont pas là par hasard (Tous les aliments que je décris sont disponibles chez OKIDOSPORT : http://www.okidosport-nutrition.com/index.cfm).

1 - Je pars avec un minimum de vivres pour être le plus léger possible. Le matériel obligatoire de l'UTMB est déjà si lourd... Donc j'ai dans ma besace : 3 gels Mulebar et quelques sucres et une petite barre aux noix, pour les 40 premiers km (Courmayeur-La Fouly) et ma poche à eau remplie à peine à moitié avec de la boisson punch power bio. Cette portion est jallonée de 2 ravitaillements où l'on ne peut pas se faire assister mais où l'on trouve des vivres. Donc au pire des cas je pourrai manger un bout si besoin.

2 - C'est à la Fouly que Flo va me donner cette première poche. Il y a dedans des barres sucrées et des gels (Mulebar), une barre à la noix (car j'adore la noix!!!), un tube de Sporténine (d'anticrampe homéopathique) au cas où... et du rabe pour manger sur le moment. C'est pour ça que la poche semble remplie, je préfère en avoir un peu trop à ce moment de la course...
En plus, nous préparons à la maison quelques Flopett's pour manger sur chaque ravito. Flopett's balls, une boule de banane, mélasse et avoine crue fourée à la caroube (comme du chocolat) et aux noisettes et le tout cuit à la vapeur...


Et quelques Flopett's Curcumalgues pour avoir un peu de salé (Avoine, amandes mixées, tomates séchées, curcuma, algues wakamé en petits morceaux et de l'eau pour lier le tout. Cuites au four).


Comme ça j'ai ma dose de plaisir culinaire à chaque ravito où FloFlo m'assiste.

3 - Ravito à Champex. C'est à une dizaine de km (donc pas très loin). Là aussi je pars sur la même base mais avec un point de chose, avec des gels et des barres. J'ai rajouté une barre Mulebar hyper protéinée car on est à mi-course et le but et de recharger les batteries aussi avec d'autres nutriments.
De plus, j'ai demandé à Flo de me préparer dans un petit récipiant un peu de boisson de récup' à base de minéraux et protéines (boisson de récup Effinov).

4 - Autre ravito à Trient (71ekm). On est sur le dernier tiers de course et le corps va être en demande. La course va se jouer sur ces dernières montées. Donc il ne faut pas flancher.
Avec les gels et barres, je mets une barre JOURNEY salée pour recharger aussi les réserves en sel.  J'ai une préférence pour le goût pizza. Là aussi je vais stimuler mes papilles, donc mon moral.

5 - Dernier ravito où je peux me faire assister, Vallorcine (km 81). Il reste 19km et une grosse montée. Mon petit sachet est bien rempli pour passer ces km sans encombre : sporténine pour les crampes, gels, barres et barres de récup (MULEBAR), une barre salée JOURNEY aussi. Je remplis mon sac même si je ne mangerai pas tout. Mais il vaut mieux dans ces derniers km ne pas tomber "en panne sèche".

Voilà un peu mon raisonnement pour la préparation des ravitos.

La veille de la course :

 J'ai eu ma dernière infiltration le mardi, la course est le vendredi... bref ça devrait être bon. Alors le jeudi, après la longue route de la veille (8h30 d'autoroute, c'est long!), je décide d'aller trottiner pour délier mes jambes. Et là, patatra!  Je sens que mon genou commence à chauffer!!! MALHEUUUUURrrrrrrrrrrrrrrr!!!!!!!!!!!!!!!! non pas ça!!!! pas la veille!!! Je ne vous cache pas que broie du noir...

Je rentre. Je passe une terrible journée car je commence à ruminer au fond de moi. Mais j'essaie de ne plus y penser, m'occupe de préparer mes affaires, suis le protocole :

Dossards...,
Dans la longue file d'attente... j'ai mon pti réconfort...

Controle matériel...

 Controle anti-dopage,
Madame Irma me lit dans les lignes de la main... et en profite pour me piquer le doigt sournoisement la bougre!!!!
Passage au stand LAFUMA sur le salon de l'ultra trail
et là je découvre une photo trop géniale!!!!

Petite interview avec le service comm' de LAFUMA, ...

Sieste...


Conférénce de presse...

Avec toutes les grosses stars de l'UTMB
et dodo!

Au pti matin :

Comme l'année dernière, le staff Lafuma se réunit pour m'accompagner et m'assister dans cette épreuve.
Nous filons sur Courmayeur lieu du départ. La nuit a dû être réparatrice, je ne sens rien sur mon genou, je suis motivé et me dis que j'y vais et je verrai bien.

J'attend Quentin (Stephan le pti nouveau du team) qui se prépare LEN... TE... MENT... :)
(je te taquine bien sûr!!)

Nous nous plaçons sur la ligne de départ et je papote avec des potes et connaisssances que je n'ai pas revus depuis l'année dernière (Jules-Henri Gabioud, Maud Gobert...).
 Maud (Gobert) trouvait que j'avais fondu des joue... "mais c'est parce que j'ai plus la barbe!!!!"

Je me prête à une petite interview.

J'annonce mes prétentions mais n'oublie pas de préciser que tout cela peut être remis en cause avec un pépin physique... Evidemment je sais ce qu'il en est de mon genou... donc j'annonce!
Je me change au moins 3 fois. Il pleut, il ne pleut plus, il fait frais, froid, doux... bref je ne sais pas comment partir.

C'est partiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!

Paf, le départ est donné avec une musique toujours aussi envoutante (Vangeli - Christophe Colomb). Nous avons tous des frissons.
Je me place devant mais pas trop pour ne pas refaire un départ canon come l'année dernière (deviendrais-je sage?).
Je me mets dans les foulées de Castener (le futur vainqueur) et de Clavery (le champion du monde en titre). Je me dis qu'au moins je vis la course, parce que je ne sais pas à quel moment mon genou va faire mal.
Première montée, et je sens que le genou chauffe. Génialllllllllllllll!!!!!!!!!!! "c'est pas comme s'il me restait 98km!!!!"... bon ben tant pis je file comme je peux et je verrai aux abord d'Arnuva (20ekm et où le staff est parti me voir).

Le staff, tels les Power Rangers... se  déploie sur la route d'Arnuva!!

Je me place avec Nicolas Pianet (team Scott), on rattrape Michael Pasero (Team New Balance) et nous formons un groupe sur les hauteurs de Bertone. Je me sens bien, mis à part le genou...
La douleur va et vient. Et puis, elle reste. Elle s'accroie. Elle est pointue. Et je sais qu'elle ne va jamais s'atténuer.

En plus la météo est hivernale. Nous étions prévenus! Je sers les dents. J'ai de mauvais appuis.
J'arrive sur le ravitaillement d'Arnuva. Et là, c'est dur...

Je suis 6e, j'ai de bonnes jambes, je suis trés en forme... mais j'ai al au genou. Je sais que je ne pourrai pas finir la course... et le prochain ravito est 20km plus loin... Nous devons gravir un des sommets de la course (le grand Col ferret), sous la neige... Pfffffffffffffffffffffffffffff allez "laisse tomber", je ne vais pas aggraver la blessure. De toute façon les jeux sont faits.
Je jète l'éponge. C'est dur. Mon staff est là... Floflo sait ce que je peux ressentir... elle 'a soutenu dans les moments d'avant course... Je suis triste et déçu.. Tout ça pour ça. Je ne peux lutter, c'est mon corps qui décide, qui a le dernier mot.

Bref, ma CCC se termine là avec 20km dans les jambes... et une douleur d'à peine 1cm au niveau de la rotule qui me fait plier.

Je rentre à l'hôtel et repart voir la course et les podiums... comme pour m'autoflagéler... Je ne peux m'enpêcher de voir où j'aurai peit-être fini (5e, 6e, 7e, qui sait?)... Je pense que c'était largement jouable... Mais bon cela permet de rester les pieds sur terre (je dis ça mais sur le moment, je suis dépité).


Voilà, notre séjour à Chamonix s'est poursuivi malgré tout dans la bonne humeur, avec les bons résultats du team (Antoine Guillon et Lionel Trivel 2èmes de la TDS, François Faivre, 7e de l'UTMB... et les autres BRAVO LES GARS) et la bonne ambiance qui y règne.

J'aime MON TEAM LAFUMA!!! J'aime mon team LAFUMA!!!! :-)


Et puis, il y a eu les bons moments avec les copains (nous avons même recueilli nos potes Jérem et Valentine, d'Okidosport, qui étaient morts de froid au camping... "Achetez une barre chez Okido, c'est une chambre d'hôtel pour eux pour le prochain UTMB".)

Donc nous ne sommes pas venus pour rien!

A la fin du séjour, la météo m'a envoyé un message d'espoir... après la pluie vient TOUJOURS le beau temps!
Après trois jours de déluge et le froid hivernal... le ciel s'est dégagé le dimanche! Au moment de notre départ!

PS 1: De retour à la maison, j'ai passé un arthroscanner. Mon genou est sain, je n'ai pas de lésions, de fissures. Je n'ai (si j'ose dire) qu'une inflammation ponctuelle du cartilage au niveau du choc que j'avais eu. Donc un peu de kiné, du vélo de l'aquajogging et un retour en course à pied dans 3 semaines/1 mois... Et puis on verra!!!

Prochain rdv course... les Templiers : peut-être pas dans la meilleure forme de ma vie... mais j'irai au moins pour finir la course! Pour le plaisir!
PS 2 : le week end du 15 et du 16 septembre, c'est la "QUI S'Y FROTTE S'Y PIQUE", le trail de mon club :
Toutes les infos sur : http://trailsemeac.blogspot.fr/. Venez nombeux!!!!

vendredi 13 juillet 2012

Andorra Célestrail : Une victoire c'est toujours mieux à 2 !


Alors là, des victoires comme ça, il est rare d'en vivre... Pourquoi?? Et bien parce qu'il faut que plusieurs choses rentrent en ligne de compte:
- un état de forme qui vous permette d'être devant et d'être à l'aise pour jouer la gagne
- un partenaire qui le VAUT bien et qui le VEUT bien!!

Et ces deux choses étaient réunies en Andorre ce week end, comme dans un joli conte de fées...

Tout commence par "il était une fois"... comme dans tous les contes évidemment!
Il était une fois dans un paradis (fiscal), un paradis perché au milieu des montagnes...


Une équipe d'organisateurs qui se dirent un jour... : "hey chez nous c'est hyper pentu et aussi... hyper pentu... Faisons courir des gens dessus histoire de voir...".

La fée des fleurs, Valérie (Valérie LAFLEUR, l'organisatrice),
Ici en compagnie de "Speedy Vivi" (Virginie Govignon) 
et son lutin de mari, Gérard, prirent leur corne de brume et crièrent dans tous le pays que des gens viendraient courir sur leurs chemins enchantés.
Les habitants, tous émoustillés, vinrent aider la fée et le lutin pour mettre en ordre cet évènement.
En un tour de balisage et de bonnes volontés, ils créèrent plusieurs parcours pour qu'il y en ait pour tous les goûts.

- une quête pour les trolls qui n'ont pas la chance de pouvoir virevolter sur les sentiers

- une quête pour les rapides farfadets
- une quête pour les vigoureux lutins des montagnes qui n'ont pas peur de passer toute une nuit ou plus, dehors à la belle étoile
- une quête pour les valeureux gnomes pleins de muscles et d'endurance, qui n'ont pas peur de passer plusieurs longues heures à crapahuter dans des sentiers mythiques
- et enfin une quête pour des géants venus des hautes terres de trail pour faire le tour de tout le royaume (170km et 13 000m D+)

Tout ce petit monde s'est réuni début juillet non loin du coeur du royaume, à Ordino, pour crapahuter avec le sourire et les crampons bien éguisés.

Pour ma part, j'ai rejoint Ordino avec ma fée à moi, la fée Flopett, faiseuses de bonheur et de délicieuses barres magiques du même nom...

Je m'étais bien préparé pour cette épreuve... le Célestrail. Car oui, je ne suis encore qu'un petit lutin des montagnes, vigoureu, et rapide... mais pas assez grand pour les autres parcours.
Voici le parchemin qui résume le profil...
Le départ au coucher du soleil...
Au coucher du soleil?
Oui car les organisateurs ont voulu corser l'épreuve et nous faire parcourir leur contrée à la lumière d'une torche pour mieux ressentir l'âme du pays.
Moi j'ai pensé qu'ils étaient fous et que l'on allait rencontrer des ours et autres dragons des montagnes...

Alors avant de partir, j'ai consulté un ami lutin qui allait aussi courir cette course et que je savais très valeureux... Sébastien Buffard du clan Brooks! (Mais nous avons un point commun, nous avons le même fournisseur de ripaille et autres graines bio : OKIDOSPORT... la meilleure épicerie  bio de toute la contrée!)
Séb c'est celui qui nous dépasse d'une tête en bleu!! :)

Je lui ai proposé un deal... si nous nous retrouvions en tête nous pourions courir ensemble pour passer la nuit de manière plus confortable.
Evidemment, tout ceci n'était qu'un plan de ma part. Je comptais en réalité sur lui pour me cacher derrière sa grande carrure de chevalier... lorsque nous rencontrerions les monstres de la nuit!

Le départ est donné, et nous filons en groupe dans les petits sentiers qui nous mènent à la première montée du jour.


Nous faisons, à notre grande surprise, le trou avec les poursuivants assez rapidement.

Dans les premiers km de la montée, je me sens pousser des ailes (peut-être celle de ma fée Flopett??). Sébastien me conseille de ralentir pour assurer le reste du parcours. Il a raison, il ne faut pas s'enflammer.

Un petit lutin andorran se joint à notre groupe. Puis deux lutins ibériques.
Le grand Sébastien, mène le train... comme prévu, et nous nous cachons tous derrière lui.
Au sommet, pas de monstres, mais un peu de brouillard. Nous commençons à faire un écart avec nos copains de galère. Les torches françaises semblent mieux éclairer que les autres...
Bon là... je vous rassure, je n'ai pas vu ça du tout lors de la course (l'obscurité gâchant un peu le paysage...)
Je cède un peu de terrain à Sébastien lors d'un pointage électronique (un nouveau mot qui n'a rien à faire dans un conte). Ma puce électronique ne passe pas et Sébastien file sans m'attendre car nous sommes malgré tout en course.
Je ne m'affole pas (d'être seul dans la nuit), et tente de le rejoindre progressivement.
Au Pla d'estany, je me suis un peu égaré...

Dans la deuxième montée, je le rejoins en haut, moi ayant un peu accéléré et lui raletit pour m'attendre ( il devait avoir peur de courir seul aussi... à cause des monstres évidemment!)
Le Pic de la coma perdosa depuis la portella de Sanfons où nous sommes passés
Mais nous, on a vu .... ça!

En haut, nous filons de nouveau tous les deux à bonne allure vers le col de la Botella.
Le point de ravitallement est le bienvenu pour refaire le plein d'énergie et pour croiser des autochtones...
D'ailleurs l'une d'entre elle a voulu se prendre en photo avec nous...  :)

Les heures passent et nous enchainons les montées et descentes tout en papotant de tout et de rien. Il me parle de sa fée... Cécile et moi de la mienne..., des entrainements, de nos coach, de notre alimentation (la mienne à base de graines et de racines et lui à base de sanglier et de champignons ariégois)... comme si nous étions assis dans une taverne à siroter un bon jus de salsepareille!
Tels Perceval et Karadoc!
Sur certaines portions sa forme baisse et je ralentis car on s'est promis de rester ensemble. Sur d'autres c'est moi qui subit le rythme ou qui lui demande de baisser un peu l'allure.

Nous sommes à mi-parcours et en bon état. Plus que la moitié à Escaldes! Nous filons dans les rues de la capitale du royaume (Andorra la viella) pour remonter dans des sentiers très raides.
Notre allure est correcte, notre pas léger. Nous volons sur les sentiers. Le temps passe assez vite finalement. Je ne pense qu'à finir le plus vite possible, je ne pense qu'au lever du soleil, qu'à voir ses premiers rayons.

Nous arrivons sur une partie relativement plane (d'après notre parchemin!). Nous relançons l'allure entre 13 et 14km/h. Nous dominons des balcons, parait-til magnifiques en plein jour... mais nous... nous ne voyons rien... que l'éternelle lueur de la torche et le derrière du copain!



La partie plane est en réalité une succession de montagnes russes (montées et descentes) qui usent le corps et le moral. Nous nous encourageaons pour ne pas ralentir. En réalité, nous ne savons pas où sont nos poursuivants.

Il nous ne reste à ce moment que deux grosses difficultés majeures à franchir: le col Cauba et le col Arenes. Nous continuons à alterner course et marche.
Mon moral a des hauts et des bas. Je pense à ma douce qui est en train de dormir à ce moment précis, je pense à tout, à rien, à aprés, à tenir l'allure pour ne pas ralentir Sébastien.

Le jour pointe ses premières lueurs au pied de la dernière montée, le Coll Arenes (2600m).
Le moral revient mais ma forme commence à défaillir. Je m'alimente de Flopett's et autres mets pour me redonner de la vigeur.
Nous montons en marchant parce que les km nous ont tous les deux usés.

Mais là, à quelques encablures du sommet (350m de dénivelé en contrebas), nous voyons un mur se dresser devant nous !

"Hola l'ami... vois-tu où nous devons grimper?!!" me dit-il... Je lui lance : "Crois-tu que le rois des lutins des montagnes , Kilianou, est capable de courir sur ces raides pentes où nous sommes SALOMONDE... heu seul au monde (je m'égare!)?"
(Séb, si tu me lis...je romance pour le blog, hein, je ne pensais pas vraiment être un lutin quand on courait!!... Non je suis pas un pshychopathe!!)

Ouf ! Le sommet! Juste le temps d'enfiler ma nouvelle super cape fluoréscente, ultra légère en gore tex de chamoix du Pérou... et nous plongeons vers la fin de notre quête...
(Comment j'ai trop bien placé la nouvelle veste Lafuma dans mon récit!!!)

La pente est comme le reste du parcours : exigeante et raide. Nos pas (surtout les miens) sont irréguliers et lourds. Mon pas léger a disparu! En plus une petite douleur vient altérer ma foulée au niveau du genou (vielle blessure que j'avais contractée à cause d'une chute au pays des lutins basques au mois de mai)

Pas grave, il reste moins de 10km à parcourir pour passer l'arche d'arrivée en vainqueur. C'est une belle motivation ça, non??
Je me remotive et tente de suivre Sébastien qui aurait pu partir en solo et remporter largement cette épreuve. Mais non, Séb court à mon rythme. Un vrai pote!

Dernier sentier raide à gravir sur quelques centaines de mètres, au milieu de la descente, histoire de bien nous rappeler que nous ne sommes pas encore arrivés.

Et nous poursuivons notre folle descente. Houraaaaaaaaaa! La route!!! Enfin la route! Là, nous commençons à savourer notre remarquable performance.
Nous sommes bientôt arrivés. Séb regarde sa montre depuis un moment car il voulait voir sa petite fée courir sur le trail des rapides farfadets (le trail de 35km) mais ils ont déjà dû partir pour rejoindre le départ.

Nous courons à allure modérée pour terminer avec le sourire. Mon genou me gène un peu mais je savoure cet instant magique. Il est tôt le matin et nous avons partagé une course à deux, c'est une première pour chacun de nous.

Enfin l'arche, le public de la contrée est peu nombreux. Les organisateurs ne nous attendez pas si tôt.

A cet instant, je ne vois que ma Flopett et ses ailes qui frétillent en me voyant. (la pauvre a passée une sale nuit croyant que j'avais abandonné parceque la puce électronique ne marchait pas bien tout le long de la course).

Je prends la main de Sébastien et nous passons la ligne ensemble en vainqueurs. C'est un moment génial. Une aventure humaine extraordinaire. Nous nous sommes donnés pour gagner tout en écoutant l'autre et en l'aidant quand ça n'allait pas.
N'est-ce pas là l'essence même du sport? Le goût de l'effort, du partage, du dépassement de soi, du fairplay??

Bref, nous nous embrassons et nous assayons (nous affalons) sur des chaises qui prennent l'allure de trônes...
Le repos des guerriers

Ce geste semble bénin mais ça fait 11h19 que nous ne nous sommes pas assis pour nous reposer. Chaque ravitallement s'est fait rapidement. Nous nous posons enfin...

Victoire à deux sur le Célestail. Pour rien au monde je n'aurais voulu que ce soit différent. C'était parfait.
Sébastien est un gars génial et simple, comme j'aime...  Nous appartenons à deux clans différents (Brooks et Lafuma) mais nous avons fait course commune. Voilà, tout est dit!

Le lendemain de la quête
Cette journée s'est partagée entre sieste, podium...


Et balade entre amis (où nous avons passé du bon temps avec le druide Sylvain Bazin et la fée Vivi Govignon dans les sources chaudes d'Andorra la Viella) pour aller voir courir les copains.
Le druide Sylvain pendant sa course... il a dû abandonner ...
Avec Vvi et Flopett juste après une virée aux thermes Caldéa!
Antoine Guillon (du clan Lafuma) au ravitaillement du Vall d'Inclès sur l'Ultra Mitic...
Le guerrier Bruno Bareilles (du clan TECNICA)...

Nous avons passé un super séjour, dans une taverne très sympathique où nous avons été reçus comme des rois.
Merci à tous, merci à la fée Valérie et son lutin Gérard pour avoir osé faire une course dans ce pays raide et aiguisé!